L’association régionale "Les Blongios" fête en ce moment ses dix ans d’existence autour de chantiers de bénévoles
Agir concrètement pour protéger la nature



Allez, on se dépêche... Nos Blongios s’activent sur le site naturel de Pecquencourt. Photo : Patrick JAMES


Le président d’honneur de l’association Les Blongios, la nature en chantiers, résume bien l’esprit de passion et de dévouement qui prévaut au sein de la structure créée il y a tout juste dix ans par quelques passionnés de l’Audomarois. « Il faut être curieusement motivé pour passer son temps à travailler, à suer sur un site naturel qui ne nous appartient même pas et dont nous ne verrons même pas le résultat ! », explique ainsi Fabrice Cugny.

C’est tout le paradoxe de l’action menée depuis dix ans par cette association, d’abord locale, mais qui a pris une dimension internationale au fil des années, rendant des services à de nombreux partenaires. Sa philosophie est simple : utiliser le cadre convivial d’une association pour trouver des bénévoles et les emmener sur des sites naturels ayant besoin d’un entretien pour y préserver la faune, la flore et les paysages.
« Là, on a coupé les arbres tout l’après-midi d’hier. Maintenant, il ne faut pas laisser tout cela sur place, donc on brûle...», explique, en s’agitant autour du feu, Christophe Ananie, l’un des membres de l’association. Avec une dizaine d’autres bénévoles venus de la région, mais aussi de Nantes ou de Montpellier, ils sont sur un site naturel appartenant au conseil général du Nord, dans le Douaisis. « C’est un site qui a des potentialités écologiques intéressantes, notamment autour des oiseaux. Des fossés, des roselières protégées et accolées au terril de Rieulay », raconte Philippe, un participant.

Peut-être bientôt des cigognes ?

Le travail du groupe est d’éclaircir la roselière et les trous d’eau où pourraient se plaire de nombreux oiseaux comme les cigognes qui passent régulièrement à proximité. Mais faute d’entretien du milieu naturel, les végétations intéressantes propices au passage des oiseaux rares disparaissent peu à peu et risquent de ne jamais revenir.
« On intervient donc pour faciliter le travail de ceux qui ont la charge de gérer des espaces naturels. » Une façon apparemment curieuse de passer son temps libre mais qui séduit de plus en plus de jeunes. Outre les nombreuses actions organisées dans le Nord Pas-de-Calais, le plus souvent sur une journée pendant un week-end, plusieurs chantiers se déroulent chaque année, notamment l’été, dans d’autres régions de France, comme les Vosges ou la Camargue mais aussi à l’étranger, récemment en Irlande par exemple.
« Ce qui est sympa, c’est la rencontre et l’ambiance, bien sûr, qui est très conviviale... », raconte Aurore, lycéenne à Genech, commune toute proche du site où se déroule le chantier. « Ça permet d’avoir un regard et une action très concrète sur la nature, et ça, c’est inestimable.»

Une fonction sociale

Pour le chantier de Pecquencourt, les Blongios ont logé dans un gîte rural, partagé l’angoisse du beau ou du mauvais temps, le partage et l’entretien du matériel, le pique-nique et les pauses-café.
« Là où je suis surpris, c’est la diversité des origines sociales, il y a vraiment des gens qui viennent d’horizons très différents...», se réjouit Vincent, vingt-neuf ans, qui vient du département de l’Indre et participait pour la première fois à ce type de chantier. « Par exemple, avant, je ne me voyais pas travailler avec des adolescents, là, je l’ai fait et c’est très bien. J’espère même pouvoir faire le même genre de chantiers dans ma région... » Dix ans après leur naissance, les petits Blongios sont en train de devenir grands.

Christophe LÉPINE
Les Blongios. 23, rue Gosselet, 59000 Lille.
Tel : 03 20 53 98 85.